Taux de crédit immobilier : la hausse se confirme à la rentrée 2026

Oui, les taux de crédit immobilier remontent à la rentrée 2026. Mi-septembre, le taux moyen atteint environ 3,50 % sur 20 ans et 3,60 % sur 25 ans (Meilleurtaux), contre 3,40 % et 3,50 % début septembre. La Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs de 0,25 point le 10 septembre 2026, et les courtiers anticipent 3,7 % à 4 % sur 20 ans d’ici la fin de l’année. Faut-il renoncer à son projet ou au contraire accélérer ? Chiffres actualisés, décryptage des causes et avis de nos deux cofondateurs (article mis à jour fin septembre 2026).
Ce qu'il faut retenir
- Mi-septembre 2026, les taux moyens sont d’environ 3,40 % sur 15 ans, 3,50 % sur 20 ans et 3,60 % sur 25 ans (Meilleurtaux), en hausse d’environ 0,10 point depuis début septembre.
- Les meilleurs profils obtiennent encore environ 3,20 % à 3,25 % sur 20 ans.
- Le 10 septembre 2026, la BCE a relevé ses trois taux directeurs de 0,25 point (taux de dépôt à 2,50 %), sa deuxième hausse de l’année après juin.
- L’OAT à 10 ans, référence des banques, reste au-dessus de 4 % depuis fin juillet 2026, un niveau inédit depuis plus de quinze ans.
- Les courtiers anticipent 3,7 % à 4 % sur 20 ans d’ici fin 2026 ; le taux d’usure (5,29 % sur 20 ans et plus) doit être révisé au 1er octobre.
- Pour un dossier solide, mieux vaut sécuriser son financement maintenant plutôt que d’attendre une baisse.
Taux moyens de crédit immobilier en septembre 2026
Sources : Meilleurtaux (début et mi-septembre), Pretto (20 septembre et meilleurs taux). Moyennes de marché : votre taux dépend de votre profil (apport, revenus, durée, assurance).
| Durée | Début sept. | Mi-sept. | 20 sept. | Meilleurs taux |
|---|---|---|---|---|
15 ans | 3,28 % | 3,40 % | 3,38 % | 3,19 % |
20 ans | 3,40 % | 3,50 % | 3,52 % | 3,25 % |
25 ans | 3,50 % | 3,60 % | 3,67 % | 3,35 % |
Quels sont les taux de crédit immobilier fin septembre 2026 ?
Sur 20 ans, durée la plus demandée, le taux moyen s’établit autour de 3,50 %, contre 3,40 % début septembre. Sur 15 ans, il approche 3,40 %, et sur 25 ans, 3,60 % à 3,67 % selon les courtiers. Les meilleurs dossiers (apport solide, revenus élevés et stables) obtiennent encore environ 3,20 % à 3,25 % sur 20 ans.
Selon Pretto, la grille tarifaire des banques a augmenté d’environ 0,11 point en moyenne à la rentrée. Sur 20 ans, cela représente environ 13 à 20 € de plus par mois selon le montant emprunté.
Ces niveaux marquent une nette accélération par rapport au printemps, lorsque nous nous demandions encore si les taux de crédit augmentaient déjà et que les moyennes évoluaient autour de 3,20 % à 3,30 % sur 20 ans.
Qu’a décidé la BCE le 10 septembre 2026 ?
La Banque centrale européenne a relevé ses trois taux directeurs de 0,25 point : le taux de dépôt passe à 2,50 %, le taux de refinancement à 2,65 % et le taux de prêt marginal à 2,90 %. C’est sa deuxième hausse de l’année, après celle de juin. Objectif : contenir une inflation remontée à 3,3 % en août dans la zone euro, sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie.
Pour les emprunteurs, cette décision renchérit le coût auquel les banques se refinancent, qu’elles répercutent progressivement sur leurs barèmes.
Pourquoi les taux de crédit remontent-ils ?
L’OAT à 10 ans au-dessus de 4 %. Ce taux, auquel l’État français emprunte sur les marchés, sert de référence aux banques pour fixer leurs taux de crédit. Il a franchi 4 % le 23 juillet 2026, un niveau inédit depuis plus de quinze ans, contre environ 3,3 % un an plus tôt.
La hausse des taux directeurs de la BCE. Après juin, la hausse du 10 septembre augmente encore le coût de refinancement des banques.
Un contrepoint à surveiller : le taux d’usure. Ce plafond légal, au-delà duquel une banque ne peut pas prêter (assurance comprise), est fixé à 5,29 % pour les prêts de 20 ans et plus depuis le 1er juillet 2026. De nouveaux plafonds s’appliquent au 1er octobre 2026 : s’ils sont relevés, certains dossiers aujourd’hui bloqués pourraient passer.
Jusqu’où les taux peuvent-ils monter d’ici fin 2026 ?
Meilleurtaux anticipe pour fin décembre 2026 une fourchette de 3,7 % à 4 % sur 20 ans, soit 0,2 à 0,5 point de plus qu’aujourd’hui. Ce scénario suppose que l’OAT reste durablement au-dessus de 4 % et que la BCE maintienne une politique restrictive face à l’inflation.
Un scénario plus favorable reste possible si l’inflation reflue et que les marchés se détendent, mais les courtiers n’anticipent pas de baisse d’ici la fin de l’année.
Que conseillons-nous aux acquéreurs ?
- N’attendez pas une hypothétique baisse. La hausse est engagée et pourrait se poursuivre jusqu’à la fin de l’année : attendre comporte un risque réel de payer plus cher.
- Soignez votre dossier de financement. Un apport solide, un taux d’endettement maîtrisé et une situation professionnelle stable permettent de se rapprocher des meilleurs taux plutôt que de la moyenne.
- Faites jouer la concurrence. L’écart entre le meilleur taux et la moyenne dépasse 0,25 point sur 20 ans : comparer plusieurs banques ou passer par un courtier reste le meilleur levier.
- Surveillez le taux d’usure au 1er octobre. Si votre dossier est bloqué par ce plafond, sa révision pourrait débloquer votre projet.
- Négociez l’assurance emprunteur. Avec des taux en hausse, c’est un poste de plus en plus stratégique dans le coût total du prêt.
👉 Quel impact de la hausse des taux sur les prix à Paris d’ici 2027 ?
Le jargon du crédit immobilier, expliqué simplement
OAT 10 ans : L'Obligation Assimilable du Trésor à 10 ans, le taux auquel l'État français emprunte sur les marchés financiers. Les banques s'en servent comme référence pour fixer le prix de leurs crédits immobiliers longue durée.
Taux fixe : Un taux qui ne change pas pendant toute la durée du prêt. C'est la formule très largement dominante en France.
Taux variable : Un taux qui peut évoluer selon un indice de référence. Moins courant pour les particuliers en 2026.
Taux nominal : Le taux d'intérêt affiché par la banque, hors assurance et frais de dossier. C'est celui qu'on voit dans les comparateurs, mais il ne reflète pas le coût réel du crédit.
TAEG : Le Taux Annuel Effectif Global. Il inclut le taux nominal, l'assurance emprunteur, les frais de dossier et de garantie. C'est le seul chiffre vraiment comparable d'une offre à l'autre.
Taux d'usure : Le plafond légal fixé par la Banque de France, au-delà duquel une banque n'a pas le droit de prêter, assurance comprise. Un dossier qui dépasse ce seuil est automatiquement refusé.
Barème du marché : La fourchette haute des taux pratiqués, généralement appliquée aux profils standards. Elle s'oppose au meilleur taux, réservé aux dossiers les plus solides.
Taux directeurs de la BCE : Les taux auxquels la Banque centrale européenne prête aux banques commerciales. Une hausse renchérit le coût de refinancement des banques, répercuté en partie sur les crédits immobiliers.
Capacité d'emprunt : Le montant que vous pouvez emprunter selon vos revenus et vos charges.
L'avis de nos experts
Avec un écart de 0,3 à 0,4 point entre le meilleur taux et la moyenne du marché sur une même durée, la négociation compte plus que jamais. Le vrai enjeu pour un acquéreur aujourd'hui, ce n'est pas d'attendre une baisse hypothétique, c'est de ne pas laisser traîner son dossier : plus on attend, plus on négocie dans un contexte défavorable.
Laurent Sabouret, cofondateur d'IMOP
Ce qu'on observe côté opérations, c'est que les dossiers bien préparés (apport, stabilité, taux d'endettement maîtrisé) continuent d'obtenir des taux proches de 3,05 à 3,10 % sur 20 ans, même dans un marché où la moyenne est remontée vers 3,50 %. La hausse touche surtout ceux qui arrivent au dernier moment, mal préparés.
Damien David, cofondateur d'IMOP